Poser les bonnes questions est un art qu’il est essentiel de maîtriser dès que nous sommes en posture de leadership et que l’on doit être attentif à l’évolution humaine et professionnelle de ses collaborateurs. Je me suis bien souvent aperçue, dans mes interventions en entreprises, que poser les questions adaptées pour obtenir des réponses claires n’était pas toujours naturel. Pourtant, savoir poser des questions centrées sur son interlocuteur (son contexte, ses émotions, ce qu’il traverse et comment il le traverse) peuvent l’encourager à exprimer clairement ses idées, ses pensées, ses craintes, ses forces, ses ressources et aussi ses points qu’il souhaite améliorer.

Et vous comment faîtes-vous?

Différentes études montrent que la manière dont une question est formulée peut orienter une réponse. Choisir en conscience le style de vos questionnements peut vous permettre d’évoluer dans une “meilleure” communication relationnelle.

S’accorder le temps de demander la bonne chose à la bonne personne de la bonne manière ET au bon moment peut faire gagner beaucoup de temps, de l’énergie et de la clarté à bien des protagonistes pour plus tard!

Poser des questions est tout aussi bien une façon de s’intéresser à quelqu’un que d’obtenir des réponses. Et de nos jours, un leader sera bienveillant ET charismatique AUSSI parce qu’il saura envoyer des “signaux” d’intérêt, de reconnaissance et de valorisation à ses interlocuteurs, à fortiori s’ils sont ses collaborateurs. Vous n’en serez que plus rassurant.

L’aisance relationnelle et le sens de la répartie ça se travaille!

L’art de poser des bonnes questions fait partie de ce fameux sens de la répartie. Les techniques de l’improvisation théâtrale sont un bon moyen d’évoluer dans sa communication relationnelle.

 

L’art et la manière de poser les bonnes questions!

Pour venir compléter mon article précédent “3 techniques astucieuses pour répondre“, je vous propose de découvrir ou de redécouvrir dans cet article, 5 façons éprouvées de poser des questions. Cinq styles de questionnements pertinents en fonction de la réponse que vous avez besoin d’obtenir. Cette liste n’est pas exhaustive, et n’est bien sûr pas à suivre de manière chronologique, mais en fonction de vos besoins.

La question ouverte

Elle engendre des réponses assez complètes et en général plutôt longues. Ce style de questionnement incitera votre interlocuteur à développer ses propos.

Pour exemple:

  • Que pensez-vous de ce nouveau projet?
  • Quelles responsabilités souhaiteriez-vous?
  • Qu’est-ce qui vous faire dire ça?

Ses avantages : 

Le questionné va se raconter et développer ses réponses.

Ses inconvénients : 

Le questionné peut faire des digressions, se perdre dans un flot de parole qui ne répondent pas toujours directement au sujet initial évoqué. Il vous faudra être vigilent et ramener au sujet essentiel si nécessaire.

La question fermée

Elle entraîne des réponses brèves comme un “oui”; un “non”; des chiffres…. Ce style de question peut être posé en début ou en fin de l’entretien ou de l’échange.

Pour exemple:

  • Voulez-vous un rendez-vous?
  • Connaissez-vous notre délai sur ce dossier?
  • Voulez-vous un café?
  • ….

Ses avantages : 

  • Obtenir rapidement des réponses précises.
  • Eviter les débordements potentiels.
  • Permet également d’être synthétique.

Ses inconvénients : 

  • Elle doit être utilisé de façon pertinente car elle ne favorise pas la fluidité de la conversation.
  • ATTENTION : Utilisée avec excès, la question fermée peut donner une impression d’interrogatoire qui mettra votre interlocuteur dans une position désagréable.
  • Il y a un risque de passer à côté de réponses essentielles, si elle est utilisée trop souvent dans le même échange.

La question alternative

Il s’agit là de poser une question qui contient deux choix possibles de réponses.

Pour exemple:

  • Préférez-vous venir lundi matin ou mardi après-midi?
  • Si vous deviez prendre plus de responsabilités, vous préféreriez que ce soient des responsabilités de coordination technique sur une projet précis ou plutôt des responsabilités de gestion?

Ses avantages : 

Le questionné à le choix dans sa réponse.

Ses inconvénients :

Utilisé avec excès, ce style de questionnement peut engendrer chez le questionné, une sensation de manipulation. Je vous propose donc de l’utiliser avec parcimonie.

La question factuelle

C’est un style de question ouverte et neutre. Elle permet à l’interlocuteur de s’exprimer sur le registre des faits. Elle évite le conflit d’opinions et neutralise les dérives potentielles. La question factuelle utilisée à bon escient peu aussi amener à avoir des précisions sur une précédente réponse donnée. Elle amène à une position “méta” qui rationalise et peut aussi permettre de sortir de l’émotionnel. La question factuelle est beaucoup utilisée dans le protocole de “l‘écoute active” (je détaillerai ce processus dans un prochain article).

Pour exemple:

  • Le questionné dit : “Tout le monde dit que…”    /  Vous : “Qui exactement?”
  • “.C’est toujours pareil!”  /  Vous répondrez par cette question : ” De quoi vous parlez exactement?” ou “Pareil que quoi?”…
  • “On m’a dit que…”  /  Vous : “Qui exactement?”
  • “Toujours…”  /  Vous pourrez dire  : “Quand exactement?” ou “A quelle date?”…
  •  “Je suis sure qu’il ne peut pas me voir”  /  Vous : “Qu’est-ce qui vous faire dire ça?” ou “Sur quoi vous vous basez pour penser cela?”

Ses avantages : 

Ce type de question permet de dévoiler réellement ce que pense la personne et la faire sortir de son cerveau limbique (émotionnel) et la ramener à un raisonnement tangible, en la reconnectant à son néocortex (cerveau de l’analyse et de la réflexion). Elle peut révéler une demande cachée à condition de bien écouter les propos de l’autre.

Ses inconvénients :

Elle demande de creuser les réponses initiales de votre interlocuteur, ce qui demande d’avoir du temps devant vous pour le faire.

La question orientée

Ce genre de questionnement oriente la réponse de votre interlocuteur dans un sens implicitement suggéré dans votre question. Toute question orientée contient un adverbe ou une adjectif quantitatif.

Pour exemple:

  • La compétence technique vous paraît-elle être la condition essentielle pour bien diriger un atelier?
  • Pensez-vous vraiment que vous allez répondre à la demande du client sur ce dossier?
  • ATTENTION : La question interro-négative est une façon très fréquente de formuler une question orientée. Pour autant, à mon humble avis, ce questionnement interro-négatif ne facilite pas la communication et  implique souvent un manque de clarté dans l’énoncé ou dans la réponse que doit apporter l’interlocuteur. De plus, il engendre souvent une réponse négative!

Ses avantages : 

Le questionné est amené à adhérer à l’opinion de l’interlocuteur.

Ses inconvénients :

Là aussi, il est important de ne pas abuser de cette technique de questionnement lors d’une même entretien car votre interlocuteur va avoir la sensation que cet échange n’a pas de vraie utilité puisque vous orientez toutes les questions! Cela risque d’être très démotivant pour vos collaborateurs si vous leur posez souvent ce genre de questions….

Si j’évoque ce dernier cas de question potentielle, c’est plutôt pour vous inviter à l’éviter! Parce que j’ai rencontré beaucoup de professionnels qui l’utilisaient sans s’en rendre compte. Et en tant que leader, votre communication relationnelle doit se faire le plus possible dans une démarche d’assertivité (neutralité bienveillante).

En conclusion

Soyons vigilants parce qu’avec nos questions, nous avons le pouvoir de réveiller des émotions fortes chez nos interlocuteurs sans le vouloir et engendrer des réactions inattendues, auxquelles il faudra faire face, et qui risquent de devenir conflictuelles…

Pour vous entraîner à poser les bonnes questions et développer votre sens de la répartie,

Humain digital - Marketing de Soi 2.0

Merci de votre lecture,

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Corinne Blanc Faugère

Corinne Blanc Faugère

Révélatrice de charisme et de valeurs.
Je suis l'anti sieste de votre Marketing de Soi 2.0 et de votre communication.
Passionnée par les relations humaines et l'évolution d'internet, j'ai créé le concept de « Marketing de Soi 2.0 », en cofondant, fin 2015, "Humain Digital", que je dirige depuis.
Psychosociologue et coach de formation, je suis investie par le théâtre d'improvisation et le jeu d'acteur au point de l'avoir pratiqué professionnellement, mis en scène et transmis pendant 20 ans.
Mon objectif depuis 2010, est de mettre ma bienveillance, mon énergie et mon expertise de l'aisance, de la prise de parole, du storytelling, du charisme et du leadership au service de l'accompagnement des dirigeant(e)s et des porteurs de projets, en boostant leur impact et leur image de marque, sous forme de coaching, de formations ou de conférences.
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Corinne Blanc Faugère
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