Autorité ou autoritarisme : et si notre manière de répondre à la rébellion entretenait le conflit ?

;En cas de conflit... Si nous changions notre rapport à l'autorité plutôt que de renforcer systématiquement le rapport de force ? Face aux manifestations qui dégénèrent, aux violences et aux dégradations, une réaction revient régulièrement dans le débat public : - « Il faut rétablir l'autorité ! » L'exigence est compréhensible. Une société ne peut […]

Corinne Blanc Faugère

Le 19/10/2026

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;En cas de conflit… Si nous changions notre rapport à l’autorité plutôt que de renforcer systématiquement le rapport de force ?

Face aux manifestations qui dégénèrent, aux violences et aux dégradations, une réaction revient régulièrement dans le débat public :
– « Il faut rétablir l’autorité ! »

L’exigence est compréhensible. Une société ne peut fonctionner durablement sans règles, sans limites et sans conséquences lorsque celles-ci sont transgressées. Mais une question me taraude : renforcer l’autorité signifie-t-il nécessairement renforcer la contrainte ?

Et, lorsque la contrainte devient notre réponse privilégiée à la contestation, ne risquons-nous pas de provoquer précisément ce que nous cherchons à combattre ?

En tant que consultante et coach, spécialisée dans les mécanismes relationnels, j’observe combien certaines interactions peuvent enfermer les individus dans des comportements répétitifs. Chacun croyant répondre au comportement de l’autre, mais en réalité, chacun contribue, parfois, sans même en avoir conscience, à entretenir la dynamique qui les oppose… Et la pression monte !

Je vous propose de prendre un peu de recul face au conflit !

Et si ce mécanisme, que nous pouvons observer dans nos relations quotidiennes, nous aidait également à questionner notre manière collective d’exercer et de contester l’autorité ?

Non pour excuser les violences, bien sûr ; non pour désigner un coupable unique, bien évidemment… Mais plutôt pour comprendre comment nous pourrions, collectivement, sortir de certains schémas de pensée.

Quand le Parent normatif rencontre l’Enfant rebelle : conflit ouvert !

L’analyse transactionnelle, développée par le psychiatre Eric Berne, propose une grille de lecture particulièrement intéressante pour comprendre certaines dynamiques relationnelles. Elle distingue trois grands états du moi :
– L’Enfant,
– Le Parent,
– L’Adulte.
>Ces états ne correspondent pas à l’âge des personnes, mais à différentes manières de penser, de fonctionner, de ressentir et d’interagir.

Le Parent peut notamment se manifester sous une forme normative : il rappelle les règles, pose des limites, formule des exigences et exerce un contrôle. Cette fonction n’est pas négative en elle-même. Un cadre structurant est nécessaire à toute vie collective. Mais lorsque cette posture devient excessivement contraignante, moralisatrice ou dominatrice, elle peut susciter une réponse particulière : celle de l‘Enfant rebelle (quel que soit son âge) : celui-ci refuse toute forme d’autorité, et ce qu’il perçoit comme une tentative de domination de la figure d’autorité. Et à partir de là :

Il s’oppose.
>Il conteste.
>Il résiste.

Et c’est ici que le mécanisme devient particulièrement intéressant car c’est ce à quoi on assiste actuellement : plus le Parent normatif cherche à contraindre, plus l’Enfant rebelle peut chercher à résister.
Face à cette résistance, le Parent normatif peut durcir sa position. Ce qui renforce, à son tour, la rébellion. Chacun devient alors, en partie, le déclencheur du comportement qu’il reproche à l’autre, et nous entrons alors, dans une escalade relationnelle négative.

“L’enfant libre” différent de “l’enfant rebelle”

NB : Précisons que l’Enfant rebelle ne doit pas être confondu avec l’Enfant libre, qui évolue aussi en dehors du cadre, mais sans aucun rejet de toute figure d’autorité. Il exprime notamment de la spontanéité et la créativité… Il est plutôt ce que l’on nommerait un “‘électron libre“. La nuance est essentielle pour cerner les comportements à suivre face aux différentes caractéristiques.

Précisons également que l’analyse transactionnelle est ici une grille de lecture des interactions, et non une explication scientifique exhaustive des phénomènes sociaux ou politiques. Les mobilisations collectives obéissent à des mécanismes historiques, économiques, institutionnels et sociaux bien plus complexes… Mais cette approche nous permet de poser une question essentielle :
– Et si certaines de nos réponses à la contestation contribuaient, parfois, à renforcer la contestation elle-même ?

Autorité et autoritarisme : une confusion lourde de conséquences !

Nous utilisons souvent les mots « autorité » et « autoritarisme » comme s’ils appartenaient à une même logique, l’un étant simplement une version renforcée de l’autre.

Pourtant, leur différence est fondamentale… L’autorité consiste à poser et à faire respecter un cadre légitime, elle suppose des règles compréhensibles, une cohérence dans leur application et une capacité à assumer les décisions prises.

L’autoritarisme, lui, privilégie l’imposition, le contrôle et l’obéissance, au risque de réduire la place accordée au discernement et à la responsabilité de l’autre.

L’autorité peut structurer sans enfermer. L’autoritarisme risque d’enfermer au nom de la structure.

Cette distinction me paraît essentielle, car nous pouvons parfaitement faire preuve d’autorité sans adopter une posture autoritariste. Nous pouvons poser des limites sans humilier Nous pouvons sanctionner sans chercher à soumettre. Nous pouvons exiger le respect des règles sans considérer toute contestation comme une attaque personnelle. Et nous pouvons écouter un désaccord sans nécessairement renoncer à notre décision… ça s’appelle l’Assertivité !

L’autorité ne se mesure pas uniquement à sa capacité à obtenir l’obéissance immédiate.

Elle se mesure aussi à sa légitimité, à sa cohérence et à sa capacité à favoriser une adhésion durable aux règles communes. Une autorité reconnue comme légitime n’a pas besoin de transformer chaque désaccord en démonstration de force, et c’est précisément là que notre manière de penser mérite, à mes yeux, d’évoluer.

Le piège du rapport de force : quand chacun nourrit ce qu’il combat dans un conflit !

Imaginons une interaction dans laquelle une personne détentrice de l’autorité exige l’obéissance sans laisser de place à l’explication. Son interlocuteur se sent infantilisé. Il conteste. La première personne interprète cette contestation comme une remise en cause de son autorité. Elle durcit le ton. L’autre hausse le sien. En quelques instants, la question initiale disparaît derrière un nouvel enjeu : qui aura le dernier mot ?

Nous ne cherchons plus à résoudre une situation…. Nous cherchons à gagner un affrontement.

Ce mécanisme se rencontre souvent dans les relations familiales, amicales, autant que professionnelles, managériales et institutionnelles. Il peut également éclairer certaines interactions entre les citoyens et les représentants de l’autorité publique…. Comme en ce moment !

Avec une précaution importante : une manifestation pacifique, un acte de désobéissance civile et une destruction volontaire ne relèvent ni des mêmes intentions ni des mêmes responsabilités.

Il serait donc réducteur de les assimiler à une unique expression de l’Enfant rebelle, mais la question du rapport de force reste pertinente.

Lorsque la confrontation devient le principal mode de relation, chacun risque de se définir davantage par son opposition à l’autre que par la recherche d’une solution.

Et c’est ainsi que le conflit peut finir par s’autoalimenter.

Le plus préoccupant, dans ce mécanisme, c’est que chacun peut finir par considérer son propre durcissement comme une réponse parfaitement justifiée à celui de l’autre.. Chacun attendant alors que l’autre change de comportement… Sans nécessairement interroger le sien.

En cas de conflit : la responsabilité commence aussi par l’exemplarité !

C’est probablement l’un des aspects les plus importants, et les plus délicats, de cette réflexion, car nous avons tendance à examiner prioritairement la responsabilité de celui qui transgresse la règle… Et c’est parfaitement légitime ! Chacun doit répondre de ses actes.

Mais pourquoi notre réflexion s’arrêterait-elle là ?

La responsabilité ne peut pas être exigée des uns et facultative pour les autres… Elle concerne tout le monde.

Les citoyens, les manifestants, les forces de l’ordre, les responsables institutionnels et, en premier lieu, celles et ceux qui gouvernent notre pays.

Pourquoi en premier lieu ?

Parce qu’exercer l’autorité confère une responsabilité particulière : celle de montrer l’exemple.
Comment demander aux citoyens de respecter des règles si ceux qui les édictent semblent parfois s’en affranchir ? D’appeler au dialogue sans être soi-même disposé à écouter ? D’exiger le respect sans veiller à le manifester dans ses propres paroles et comportements ? Et comment inviter chacun à assumer les conséquences de ses actes sans accepter de rendre compte de ses propres décisions ?

Il ne s’agit pas ici de prétendre que les manquements des dirigeants justifieraient ceux des citoyens : la responsabilité des uns n’efface jamais celle des autres. Et la responsabilité d’un acte ne doit pas être confondue avec la responsabilité d’une dynamique relationnelle. Celui qui commet une violence en demeure responsable.

Mais cela ne nous interdit pas d’interroger les comportements, les décisions ou les postures qui peuvent contribuer à nourrir une situation conflictuelle.

L’exemplarité joue ici un rôle fondamental… Une autorité qui exige sans incarner ce qu’elle demande risque d’affaiblir sa propre légitimité.

Et lorsqu’une autorité perd en légitimité, le recours à la contrainte peut devenir une tentation pour compenser ce qu’elle ne parvient plus à obtenir par l’adhésion. C’est précisément là que le cercle vicieux peut s’installer.

À mes yeux, gouverner ne consiste donc pas uniquement à décider, réglementer ou sanctionner, c’est aussi assumer les conséquences de ses décisions, accepter d’être questionné et faire preuve de cohérence et d’équilibre, entre les principes défendus et les comportements adoptés : c’est ça l’assertivité ou être assertif !

L’exemplarité ne garantit pas l’obéissance, mais son absence peut fragiliser durablement l’autorité.

Et cette exigence vaut à tous les niveaux de notre société, car on ne peut pas exiger des autres une responsabilité que l’on refuse soi-même d’incarner.

Sortir du cercle vicieux : retrouver une posture “Adulte-Adulte”

L’analyse transactionnelle propose une autre manière d’aborder les interactions : la relation Adulte-Adulte. Dans cette posture, il ne s’agit plus de chercher à dominer ou à se rebeller, il s’agit de considérer la situation avec discernement, d’examiner les faits, de clarifier les responsabilités et de rechercher une réponse adaptée.

L’Adulte n’abandonne pas le cadre, il ne renonce pas à décider. Il ne cherche pas non plus à éviter systématiquement le conflit, mais il refuse de transformer chaque désaccord en affrontement.

Il peut dire :

  • « Voici la règle, voici pourquoi elle existe, voici les conséquences de sa transgression, et voici les possibilités qui s’offrent à vous pour agir autrement. »

La différence est considérable.

Nous ne sommes plus exclusivement dans une logique d’obéissance imposée, nous introduisons une logique de choix et de responsabilité, et cette responsabilisation doit fonctionner dans les deux sens.

Celui qui exerce l’autorité assume ses décisions et la manière dont il les met en œuvre. Celui à qui s’adresse cette autorité assume ses choix et les conséquences de ses actes. La relation Adulte-Adulte ne signifie pas que les deux parties possèdent le même pouvoir de décision, elle signifie qu’elles peuvent se reconnaître mutuellement une capacité de réflexion et de responsabilité. Cela ne garantit évidemment pas que l’interlocuteur acceptera le cadre, certaines situations nécessitant une intervention immédiate pour protéger les personnes et les biens. Mais cette posture permet de ne pas ajouter systématiquement une confrontation relationnelle à une difficulté déjà existante.

La fermeté n’exige pas la domination… Et la responsabilisation n’exclut pas la sanction.

Si nous apprenions à agir en amont du conflit ?

C’est ici que je souhaite déplacer notre réflexion, car, à mes yeux, la question essentielle n’est pas seulement de savoir comment réagir lorsque les violences éclatent. Elle est aussi de comprendre comment éviter que certaines tensions ne dégénèrent. Or, nous consacrons beaucoup d’énergie à débattre des réponses à apporter une fois les limites franchies.

Et si nous accordions davantage d’attention à ce qui se joue avant le conflit ?

À la manière dont les décisions sont prises et expliquées ; à la place laissée à l’expression des désaccords ; à la cohérence entre les règles annoncées et leur application ; à la perception de justice ; à la possibilité de contester sans être immédiatement considéré comme un adversaire ; à la manière dont chacun est invité à prendre sa part de responsabilité… Car responsabiliser ne consiste pas simplement à rappeler à quelqu’un qu’il doit assumer les conséquences de ses actes. C’est aussi lui permettre de comprendre sa capacité d’action et les conséquences de ses choix.

Une société ne peut évidemment pas reposer sur la seule bonne volonté de chacun. Elle a besoin de lois, d’institutions, de règles et de sanctions, mais elle a également besoin de citoyens capables de discernement, de dialogue et de responsabilité… Et de dirigeants capables de faire preuve de ces mêmes qualités.

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre autorité et liberté, il est de construire une autorité qui permette l’exercice responsable de la liberté. Et cela suppose peut-être de transformer certaines de nos habitudes collectives.

Sortir de nos réflexes franco-français face au conflit : changer de mentalité…

Notre Histoire française est profondément marquée par la contestation, les mobilisations sociales et une organisation historiquement centralisée du pouvoir. Je m’interroge sur la manière dont cet héritage influence encore aujourd’hui notre rapport collectif à l’autorité, car nous semblons parfois reproduire un scénario presque prévisible.

La contestation se durcit. L’autorité répond par davantage de fermeté. Les tensions s’intensifient. Et chacun attend que l’autre cède. Ce mécanisme n’est évidemment pas propre à la France, les rapports de force entre gouvernants et gouvernés existent dans de nombreuses sociétés, mais notre histoire politique et notre culture de la contestation pourraient contribuer à lui donner, chez nous, une expression particulière.

Et si nous interrogions enfin ce réflexe que je qualifierais volontiers de franco-français : vouloir répondre à une opposition grandissante par une autorité toujours plus contraignante ? Il ne s’agit pas de renoncer à faire respecter les règles.

Il s’agit de comprendre que la contrainte, à elle seule, ne construit ni la confiance, ni la légitimité, ni le sens des responsabilités. Et surtout, que ce changement de mentalité ne peut pas être exigé uniquement des citoyens. Il concerne tout le monde, à commencer par ceux qui nous gouvernent, car nous ne pouvons pas appeler à une société plus responsable, sans interroger la responsabilité de ceux qui la dirigent.

Le conflit fait émerger un manque de cohérence de fonctionnement en amont !

Nous ne pouvons pas souhaiter des relations sociales plus constructives tout en entretenant des modes de gouvernance fondés principalement sur la confrontation, et nous ne pouvons pas espérer un changement durable des comportements collectifs sans nous intéresser à ce qui les façonne.

Pourquoi associons-nous si facilement la fermeté au durcissement en France ?

  • Pourquoi interprétons-nous parfois la recherche du dialogue comme un signe de faiblesse ?
  • Pourquoi avons-nous tant de difficultés à imaginer qu’une autorité puisse être forte sans être autoritariste.Il ne s’agit pas de prétendre que toutes les formes de contrainte seraient inefficaces. Ce serait aussi simpliste que d’affirmer qu’elles constituent toujours la solution. Il s’agit de sortir d’une logique binaire : d’un côté, l’autorité, de l’autre, le laxisme… Comme s’il n’existait aucune autre possibilité. Pourtant, entre l’absence de cadre et l’autoritarisme, il existe un espace considérable.

Celui d’une autorité juste, cohérente, proportionnée et responsabilisante. Une autorité qui ne confond pas le respect avec la peur ; une autorité qui accepte d’être questionnée sans se sentir systématiquement menacée ; une autorité qui sait faire respecter les limites tout en laissant une place à la réflexion… Et surtout, une autorité qui ne cherche pas uniquement à obtenir un comportement immédiat, mais à créer les conditions d’un changement durable.

Ce changement ne peut pas intervenir uniquement lorsque les tensions explosent.

Il doit commencer bien avant ! Dans notre manière d’éduquer, de manager, de gouverner, de dialoguer, de décider et d’assumer les conséquences de nos choix, car ce sont aussi nos habitudes relationnelles qui façonnent nos comportements collectifs.

Et si nous voulons réellement faire évoluer ces comportements, peut-être devons-nous commencer par faire évoluer nos propres schémas de pensée. À force de vouloir changer les comportements des autres sans interroger les nôtres, ne risquons-nous pas de reproduire indéfiniment les mêmes conflits ?

Conclusion : et si la véritable autorité consistait à rendre chacun responsable ?

Je ne crois pas que nous sortirons durablement des confrontations en opposant systématiquement davantage de force à la force.
En revanche, nous pouvons y gagner à mieux comprendre les mécanismes qui transforment certaines relations en rapports de domination et de résistance.

Il ne s’agit pas de renoncer à l’autorité, bien au contraire. Il s’agit de lui redonner toute sa portée, car une autorité qui ne repose que sur la contrainte risque de devoir sans cesse renforcer cette contrainte pour continuer à s’imposer. Tandis qu’une autorité reconnue comme légitime peut favoriser une adhésion qui ne dépend pas uniquement de la menace d’une sanction, mais cette légitimité ne se décrète pas : elle se construit, par la cohérence, par la justice, par la responsabilité et par l’exemplarité.

Nous avons tous une part de responsabilité dans la société que nous construisons.
Mais ceux qui exercent le pouvoir ont une responsabilité supplémentaire : celle d’incarner les exigences qu’ils adressent aux autres.

Alors, plutôt que de nous demander systématiquement comment imposer davantage d’autorité, peut-être pourrions-nous commencer par nous interroger sur la manière dont nous l’exerçons !?! Sur les comportements qu’elle suscite, sur les responsabilités qu’elle encourage et sur les relations qu’elle contribue à construire, car la véritable question n’est peut-être pas : « Comment faire pour qu’ils obéissent ? »
Mais plutôt, en recherchant la coopération  :
– « Comment faire pour que chacun prenne pleinement conscience de sa responsabilité, de ses actes et de leurs conséquences ? »**

Et cette question, à mes yeux, doit s’adresser à chacun d’entre nous. À commencer par celles et ceux qui nous gouvernent…

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Si vous traversez une situation conflictuelle dont vous ne parvenez pas à vous en sortir, parlons-en autour d’un entretien découverte de 30 min que je vous offre, afin d’apprécier si je je peux vous aider. Suivez-ce lien et réservez votre créneau idéal 🙂

À très bientôt pour des aventures toujours plus humaines✨

Corinne Blanc Faugère

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